mercredi 20 février 2013

A mon frère



Mon frère et moi nous avons douze ans d'écart. Et nous n'avons pas le même papa. Enfin, nous n'avons pas le même père biologique. Mais finalement, mon papa est devenu le sien, avant qu'il ne soit le mien.
Mon frère n'a pas eu une enfance facile. Son papa biologique n'était pas un gentil papa. Et notre maman, ben elle a fait comme elle a pu pour gérer cette situation et quitter cet homme. C'est sa propre maman (notre grand mère donc) qui a pris le relais avec mon frère avant que notre maman ne se reconstruire avec mon papa. Mais ce n'était pas une grand mère facile. Je ne l'ai pas connu, mais je crois que je n'ai de toute façon pas trop envie de la connaître.

Alors mon grand frère a grandi, en trainant ses casseroles, ses poêles et ses bassines en cuivres.
Il est parti très tôt de la maison. Je n'ai quasiment aucun souvenir de notre vie à quatre. Finalement, ma maman a eu deux enfants uniques.

Mon frère a 36 ans aujourd'hui. Mais il n'est pas mature pour autant. Il est assez instable. Enfin, il se débrouille comme il peut. Il a (avait, parce que entreprise dépose la bilans) un emplois stable, il a des projets pour rebondir, il a de l'expérience dans plusieurs domaines, il a son appartement et un chien.
Mais il ne sait pas gérer son argent, il fait parfois un peu trop la fête, il n'est pas fichu de se payer un abonnement internet. Il ne sais pas gérer son crédit de téléphone. Il est toujours hors forfait et doit des sommes astronomiques à son fournisseur.
Il a des histoires d'amour bien sur. Qui durent. Qui comptent pour lui, suffisamment importantes pour qu'il nous les présente et les invite chez mes parents. Mais pas suffisamment pour construire une famille. Et  franchement, ce sont toutes des cas soss. Elles lui pompent son temps  son argent, son énergie et lui brisent son petit coeur.
Mon frère a choisi il y a longtemps maintenant de s’installer dans une autre région. Loin. Loin des parents, loin de sa sœur, loin de nos conseils, loin de notre regard sur sa vie et sa façon de la mener.

Voilà, ça c'est le décor.

Mon frère.

On se voit que deux ou trois fois par ans tout au plus. On n'a pas une relation fraternelle normale. On ne s'est jamais disputé mais on n'a pas de souvenir d'enfance commun. Nos enfances ont été radicalement différentes et j'ai eu droit à tout l'amour, le confort, la stabilité, la confiance dont tu aurais tant eu besoin. Nous n'avons pas grand chose en commun. Nous n'avons pas de jeux, d'habitudes ou de petits rituels qu'ont les frères et sœurs classiques.
Mais, mon frère, si tu savais comme je t'aime. Tu sais que je suis là pour toi. J'ai accouru sans hésiter une seule seconde quand tu as eu besoin de moi. Tu ne m'avais rien demandé c'est vrai, mais j'ai senti à ta voix que tu m'appelais au secours. Que tu ne voulais pas demander aux parents.
Je fais tout ce que je peux pour essayer de construire cette relation, cette complicité qui me manque.
Je n'ai rien dit au parents quand tu as fais des bêtises, ça les aurait tellement déçus et inquiété. Mais j'ai été là pour te montrer que tu te trompais.
Aujourd'hui, malgré la distance, je t'aide et te conseille comme je peux dans ton projet. Tu sais que tu peux me demander conseil ou simplement me faire part de tes angoisses ou de ton vécus.

Mais non. Tu ne le fais pas. Tu n'appelles pas. Tu ne réponds pas quand j'appelle. Je sais que tu n'as pas beaucoup de sous à dépenser dans ton téléphone. Mais un texto ? Ou juste me faire sonner pour que je te rappelle?
Peut être as-tu peur que je sois trop intrusive ? Peut être, veux-tu nous prouver que tu vas y arriver tout seul, que tu n'as pas besoin d'aide?
D'accord, je suis capable de l'entendre et de le comprendre.

Mais s'il te plait, n'oublie pas que tu as une petite sœur. Parce que moi, j'ai besoin de toi.


2 commentaires:

  1. j'ai deux freres, et une soeur... aucune relation avec mes freres je les vois 2/3 fois /an... mas soeur c'est tout le contraire, on est comme les doigts de la main.
    Pour ma part, mes freres ne me manquent pas, j'ai fait le deuil de leur présence depuis que je suis maman. J'ai compris que ça ne sert à rien de courir apres les gens, meme avec les liens du sang...
    Courage dans votre relation tout de meme, j'espere qu'elle ira vers du mieux. Bisous.

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