jeudi 15 mai 2014

Un an, bordel !



J'ai le moral en berne et la bonne humeur dans les chaussettes. Alors passe ton chemin, moi j'ai juste besoin d'un moment pour cracher ma déprime à la face de mon écran.

1 ans. Voilà un ans qu'on essaie de fonder une famille. Et le bilan de cette année?
  - 4 tests de grossesse utilisés
  -1 fausse couche
 
 Voilà. c'est tout.
 Et c'est ce mois ci que le grain de riz aurait du voir le jour.

Je ne demande rien d'extraordinaire. Juste pouvoir faire ce qui est le plus naturel au monde. Faire un enfant. Un bébé. Voir mon ventre grossir. Voir ma réserve de grasses matinées fondre comme neige au soleil. Voir les vergetures s'installer et les nausées me pourrir la vie. Juste un bébé baveux à la couche débordante.

Pourquoi est-ce que ça ne marche pas, bon sang?! Qu'est ce qui ne vas pas chez moi?

Et qu'on ne me dise pas, de ne pas y penser, de laisser faire la nature et que plus je me mettrais la pression moins ça marchera. Il n'y a que mon homme qui puisse me dire ça pour que ça soit réconfortant à mon oreille, sinon je me transforme en furie.

Comment veux-tu que je n'y penses pas alors que mon premier geste du matin, avant même d'avoir fini d'ouvrir les yeux c'est de me foutre un thermomètre dans le cul! Que le deuxième sera de prendre ce foutu comprimé d'acide folique. Qu'il n'y a plus que deux jour dans le mois qui comptes:  le 14 et le 28. Que chaque article de blogueuse enceinte est un plaisir sadique qui me fout le cafard. Que j'en viens à être jalouse des femmes enceintes croisées dans la rue. Que chaque bébé dans sa poussette me serre le cœur. Que chaque câlin avec mon homme est calculé, prévu, planifié.Que je passe tous les jours devant cette chambre vide. Que je vois mon homme se défoncer à faire les travaux de la maison parce qu'il veut penser à autre chose.

Non je ne peux pas penser à autre chose. Et ça me bouffe. C'est au delà du simple désir d'enfant. C'est viscéral. Je ne suis qu'un ventre vide et inutile.

Alors oui je sais, que je ne suis pas à plaindre. Qu'un an ce n'est pas si long. Il y a énormément de gens qui essaient de concevoir depuis bien plus longtemps que nous. Qu'outre l'attente, il peut aussi y avoir la médicalisation voir l'adoption et que ce sont des choses infiniment plus éprouvantes que ce que nous vivons mon homme et moi.

Mais chacun vis ça comme il peut. Et moi, aujourd'hui je le vis mal. Ce cap des uns ans est lourd de sens pour moi. Je n'arrive pas à faire d'enfant. J'ai un problème. Physique ou pas, mais j'ai un problème. Je ne suis pas capable de faire ce cadeau à mon homme. Je ne suis pas capable de devenir maman.

Voilà. Il me tarde le mois de juin.


9 commentaires:

  1. J'aimerais un mot magique qui t'apaise, mais je n'en ai pas. Alors je me mets juste dans un petit coin, et pense à la dure épreuve que tu vis, en silence.

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  2. Je me retrouve parfaitement dans ton article. J'ai également pleuré mes un an d'essais début mai et j'affiche aussi une fausse couche au compteur.
    Je suis incapable de trouver des mots réconfortants pour toi car tu exprime parfaitement la souffrance que je ressens.

    J'ai bien peur que nous soyons obligées de serrer les dents, de ravaler nos larmes et d'avancer. Chaque jour qui passe nous rapproche du jour ou nous tiendrons notre bébé dans nos bras.

    Et surtout, ne minimise pas ta douleur. Ton parcours est déjà bien difficile. Certes il y a pire (la PMA, l'infertilité, etc...) et que beaucoup de couples y sont confrontés, mais la majorité des couples arrivent à concevoir en moins d'un an et à mener leur première grossesse à terme. Alors, oui, tu as le droit de vivre mal ta situation et de le revendiquer, car il n'y a pas de petite douleur lorsqu'on fais un bébé.

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  3. Ah non mais alors là je ne suis pas d'accord!! Tu as INTERDICTION de minimiser!!! Ce n'est pas parce qu'il y a pire ailleurs que tu n'as pas le droit de dire "MERDE J'AI MAL"! Et moi aussi ca me rendait dingue "non mais n'y penses pas", genre en plus c'est de ta faute parce que tu focalises.. Tu as le droit d'être triste, d'être déprimée, d'être en colère, d'être frustrée....Et c'est important de le dire en plus. Pas de mot magique pour t'apaiser, juste un témoignage. TOUS les gens qui ont galéré autour de moi ont réussi. Et ils sont tous parents de magnifiques bébés. Ton tour viendra!! Plein de courage..

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  4. Vos mots de touchent. Vraiment. Merci les filles, merci de me comprendre. Merci beaucoup

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  5. Je comprends ce sentiment.... Je t'envoie toutes mes pensées <3 <3 <3

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    1. Merci ma belle! J'espère que tout se passe pour le mieux de ton côté

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  6. Courage ma belle, ton article m'a émue il me rappelle des souvenirs pas si lointains. Je connais aussi les rapports calculés, les tests en rafale, le thermomètre :/ L'annonce des ovaires polykystiques et compagnie.
    Mais un jour la bonne nouvelle arrive, je te le souhaite de tout coeur.
    Si tu as besoin d'en parler n'hésites pas même si on se connait peu ;)
    Courage en tout cas.

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    1. Merci beaucoup de ton soutiens, ça me fais chaud au cœur!

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