mercredi 15 janvier 2014

A la découverte de Jane Austen - Part 1: Mansfield Park


Pourquoi tout d'un coup me décider à lire Jane Austen?

La littérature anglaise du XVIII et XIX ème siècles, dis comme ça, ça ne donne pas forcément envie. Mais Jane Austen est incontournable. Orgueil et préjugés, Raison et sentiments, Emma, ce sont des titres qui nous parlent, on sait qu'on les connait mais on ne se souviens jamais vraiment pourquoi (sans parler des films bien sur).

Alors ça faisait un moment que l'idée de la découvrir me trottait dans la tête. Mais j'avais peur de me lancer. Pourquoi? Honnêtement, j'avais peur de ne pas comprendre l'écriture. Le phrasé de cette époque n'est évidemment pas le même qu'aujourd'hui, la société, le mode de vie non plus. d'autent plus en Angleterre. Imaginez Molière qui lirait nos romans d'aujourd'hui, pas sur qu'il saisirait immédiatement notre humour, nos sous entendu ou notre ironie.

Et puis au détour de ma librairie de suis tombée sur ça:

(Crédit Photo: Bazar de la Littérature)


Non mais regardez moi cet amour de petit livre! Je sens que  La bibliothèque du Collectionneur (chez Archipoche) et moi, on va devenir très copain. Plus petit qu'un livre de poche, avec les tranches finement dorées, la couverture rigide en tissus, le marque page en satin rouge et la sur couverture (ça se dit?) élégante, j'ai craquée! Je vous ai déjà dis que je suis particulièrement sensible à la beauté de l'objet en lui même presque autant que le contenu?
Ni une ni deux, je l'ai embarquée et je me suis lancée.

Alors, de quoi ça parle?

C'est l'histoire de Fanny. Issue d'une famille pauvre, elle est recueillie par sa tante et son oncle, de riches aristocrates: Lady et Lord Bertram. Elle sera donc élevée comme ses cousins et cousines dans le but de faire partie de la bonne société anglaise, mais pas trop quand même, elle est issue de petite condition alors faut pas trop pousser mémé dans les orties, on lui fait quand même comprendre qu'elle reste inférieure à ses cousines.
Bon Fanny, elle s'en fiche un peu d'être la cinquième roue du carrosse. Elle a une morale et un sens des convenances à toute épreuve. Le seul truc, c'est qu'elle est folle amoureuse de son cousin Edmund qui est depuis toujours son meilleurs ami et confident (et ça bien sur, elle ne le lui dira pas).
Tout serait parfait si ce dernier ne tombait pas amoureux de sa voisine Mary Crawford (une pétasse si tu veux mon avis, elle ne veux pas l'épouser parce qu'il n'a pas assez de revenus) et si Henry Crawford (le frère de Mary donc) ne tombait pas amoureux de Fanny.
Fanny ne l'aime pas, mais on lui fait bien comprendre qu'elle serait vraiment bête de laisser passer la plus grosse fortune de la région, d'autant qu'au départ, ses deux cousines avaient franchement des vues sur lui.

Bon, j'en pense quoi?

Pour commencer, mes craintes étaient fondées!  J'ai beau comprendre parfaitement le sens des phrases, aussi alambiquées soient-elles (même si j'avoue qu'il m'a fallu quelques minutes d'adaptation), j'ai franchement l'impression de passer à côté de plein de choses. L'humour, ou du moins l'ironie et les sous entendus me sont difficiles à détecter. Du coup le texte me parait parfois d'une platitude effrayante alors que je sais qu'il n'en est rien. Et j'espère de tout cœur ne pas être la seule dans ce cas, sinon, je vais passer pour une débile profonde.

Ensuite, l'histoire en elle même est sympas, on aime tous les histoires d'amour, mais franchement c'est laborieux. Le livre fait près de 700 pages (dans cette édition petit format). J'ai l'impression que tout est concentrés dans les 200 dernières pages, mais avant ça, pff il se passe rien! Et c'est long 500 pages de rien. Ok j'exagère un peu. Alors disons qu'il y a un long cheminement qui permets aux sentiments des uns et des autres de se développer.
En tout cas, c'est franchement dommage, parce que la fin du récit est vraiment chouette, pleine de rebondissements. On aurait tellement aimé que Jane Austen les développe davantage.

Enfin, j'avoue que les personnages me déçoivent un peu. On dirait des caricatures. Comme dans les contes de fée, ils n'ont qu'un seul trait de caractère. C'est décevant, on peu parfaitement prédire ce que va dire tel ou tel personnage. Il y a la douce  et sensible Fanny, la tante indolente (si tu changes beaucoup de lettre à indolent ça donne mollusque amorphe), l'autre tante hargneuse, le jeune homme volage, la jeune fille superficielle et condescendante etc etc.

Au final ça donne quoi:
J'imagine que Jane Austen fait ici une critique de son époque en caricaturant cette société bien pensante ou sans mariage point de salut, mais j'ai l'impression de ne pas avoir tout les codes pour pleinement l'apprécier.
Ou alors je n'ai franchement rien compris et je me ridiculise. Quoi qu'il en soit,  ce n'est peut être pas le meilleurs livre pour découvrir Jane Austen. Il faut peut être connaître davantage son univers et sa façon d'écrire pour l'apprécier à sa juste valeur.

En tout cas, ça ne m'a pas découragé, au contraire. Si on dit autant de bien de Jane Austen, il doit y avoir une raison, et je n'ai pas envie de passer à côté. Alors  j'ai déjà entamé Orgueil et préjugés. Et ça va déjà beaucoup mieux, je prend vraiment du plaisir à le lire. Le décodeur s'est bien mis en route. Il me tarde de le terminer et de vous en parler!


1 commentaire:

  1. Personnellement, Mansfield Park est le roman que j'ai le moins aimé de Jane Austen. Je pense tout de même le relire cette année, mais en VO cette fois, pour voir si ça fait une différence ou pas :)

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